Tip Top

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Tip Top (France, 2013), un film de Serge Bozon avec Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain et François Damiens. Durée : 1h46. Sortie France : 11 septembre 2013. Produit par Les Films Pelléas et distribué par Rezo.

La comédie se niche dans la grammaire du film. Chaque raccord, chaque jeu de lumière est un gag en puissance. Telle scène vous semble surexposée ? Relaxez-vous, Sally va fermer le store dans une seconde et vous permettre de la regarder. Telle musique sonne bien trop sucrée pour accompagner Esther se délassant dans sa chambre ? C’était seulement le son du téléphone, qui s’arrête net dès qu’elle le décroche…

Isabelle Regnier résume en quelques phrases dans Le Monde ce qui fait l’efficacité géniale du film de Serge Bozon, dont la bande-annonce m’avait marqué comme une des plus intrigante de l’année dernière. Beaucoup d’articles comparent le style du film à du Mocky et c’est vrai que ça pourrait être un mélange entre ça, la lumière et le son très crus du Havre de Kaurismaki et un peu de l’humour des Nuls dans les moments les plus délirants. Bozon maîtrise parfaitement sa caméra et si le scénario se disperse dans tous les sens, l’image elle est toujours très bien travaillée. Sa soeur Céline est à la photographie, comme pour ses précédents films : c’est à elle qu’on doit des scènes d’hôtel baignées dans un bleu électrique, ou pétrole, magnifiquement composées ce qui contraste un peu avec le ton du film. Dans un tchat sur Libération (où on peut supposer que « Vernis » est Murielle Joudet), on peut lire :

Vernis. Il paraît que vous vous vivez comme un metteur en scène américain, pour vous la mise en scène est la signature d’un réalisateur, c’est un parti pris très fort, qu’on retrouve chez très très peu de réalisateurs. Dans votre logique, pourriez-vous vraiment «filmer n’importe quoi» ?

S. B. Oui, je reconnais que c’est une sorte de fantasme personnel. Et d’ailleurs, jusqu’à ce film-là, je n’écrivais pas une ligne de mes scénarios, je mettais juste en scène. Et exactement comme les réalisateurs qui acceptaient n’importe quelle commande, j’essaye de faire des films complètement différents les uns des autres. J’espère ne pas avoir d’univers. Mais, en même temps, je ne croule pas sous les commandes, au sens industriel – en tout et pour tout j’en ai eu une seule, et je n’ai pas accepté de la tourner, ce qui prouve que je ne suis pas fidèle à mon créneau.

Le fond de l’histoire, l’enquête, m’est passée complètement au-dessus de la tête et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de me raccrocher aux branches. Tous les noms se mélangent, les points de vue changent en permanence et les dialogues déraillent si souvent qu’on perd systématiquement le fil. François Damiens non plus d’ailleurs n’a rien compris, il le dit dans son interview – mais comme souvent dans ses apparitions au cinéma il vient surtout pour amener avec lui l’univers de son personnage ; la scène où il chante en trébuchant toutes les deux secondes sur la bande son est sympa, comme une autre où un jeune fait une petite danse dans le coin d’un bar pour séduire Kiberlain. Bozon, dont je vois la tête pour la première fois dans une vidéo sur Allociné (à 1:35), explique en quelques secondes par la fébrilité de ses explications tout le rythme du film, sur lequel repose non seulement le comique mais la possibilité qu’il se donne de s’affranchir des contraintes de genres. On n’est ni dans le polar ni dans la comédie, mais pas non plus complètement dans le film meta qui se veut briseur de tabou et de systèmes ; on est en fait perdu dans un fourmillement assez dense de bonnes idées et pris entre trois fils conducteurs concurrents (l’enquête sur le meurtre d’un indic, le mimétisme sexuel de Kiberlain qui « mate » par rapport à Huppert qui « tape », les questions politiques sur la guerre d’Algérie), qui partent en permanence dans leur propre direction et qu’on a du mal à tenir ensemble.

Week-ends

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Week-ends (France, 2014), un film de Anne Villacèque avec Karin Viard, Noémie Lvovsky et Jacques Gamblin. Durée : 1h30. Sortie France : 26 février 2014. Produit par Ex Nihilo et distribué par Haut et Court.

Le cinéma français se porte plutôt bien ces temps-ci, donc logiquement il produit de temps à autre quelques navets. Week-ends en est un beau, qui porte à son paroxysme le néant scénaristique des routiers quadragénaires du cinéma, ici Karin Viard et Jacques Gamblin (pourtant sympathiques en dehors de ça). Là ils sont en couple, monsieur a des envies d’aller voir ailleurs : il le fait, il revient, fin de l’histoire. Face à eux un couple d’ami tient le coup du vieillissement et continue de s’aimer comme avant ; entre les deux s’établit une comparaison permanente. Le film fait du psychodrame silencieux à base de vacheries entre voisins et de regards accusateurs ; le niveau des dialogues est vraiment faible, l’action s’étire à n’en plus finir. Le sommet du ridicule est atteint quand Gamblin se retrouve dans une scène à la fin, à poil dans son salon en homme déboussolé face à l’échec de son couple : en l’absence complète d’enjeux ça ne provoque aucune compassion.

Critikat est plus positif, mais leur critique du film précédent de Villacèque ne donne pas envie de fouiller davantage : « À partir d’un maigre scénario vu mille fois, la réalisatrice nous assomme avec un film convenu et ennuyeux. Quand les clichés du cinéma français observent les clichés de la Cité des Anges ». On ne change pas une recette qui gagne.

Gaby baby doll

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Gaby Baby Doll (France, 2014), un film de Sophie Letourneur avec Lolita Chammah, Benjamin Biolay et Félix Moati. Durée : 1h28. Sortie France : 17 décembre 2014. Produit par Emmanuel Chaumet et distribué par Shellac.

Nouveau film de Letourneur après Les Coquillettes il y a un ou deux ans, que j’avais trouvé marrant. On retrouve un personnage central du même acabit : une femme bavarde, un peu paumée et drôle. En face Benjamin Biolay fait la seule chose qu’il sait à peu près faire, c’est-à-dire le bourgeois revenu de tout, ici au point de devenir un ermite bougon qui ne mange que des gâteaux industriels. Le film assume son côté petite fable pour bobo et au bout d’un moment l’ambiance finit par marcher, au fil de la répétition des scènes – Gaby emmène des hommes chez elle trois fois, Gaby fait sa balade avec Biolay quatre ou cinq fois, etc. Ça ne donne pas le film de l’année mais ça se laisse regarder.

Timbuktu

timbuktu

Timbuktu (France, 2014), un film d’Abderrahmane Sissako avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki et Abel Jafri. Durée : 1h37. Sortie France : 10 décembre 2014. Produit par Arches Films et distribué par Le Pacte.

Un film assez étrange, formellement réussi mais dont je ne comprends pas vraiment le propos. Sissako choisit un sujet lié à une actualité très chaude : la guerre au Mali, la montée en puissance de groupes terroristes comme l’EI et les tensions que provoque l’islamisme radical au Maghreb. Il donne des indices qui tendent vers le documentaire, avec ce mélange étrange de modernité dans l’armement, les pick-up, les caméras HD, et d’archaïsme complet dans la doctrine et la violence des punitions infligées aux populations civiles. Pourtant le film semble vouloir se placer très loin d’une analyse documentaire. Rue89 critique dans un article de blog l’hypocrisie de cette posture sur le plan politique :

La figure du « bon » Touareg est l’une de ces projections dont l’inconscient collectif français a le secret, et que les Maliens regrettent amèrement. Beaucoup d’entre eux ont dénoncé pendant et après l’opération Serval une collusion qui leur paraît plus que contre-nature entre l’armée française et les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA)… Plus grave, aucune allusion n’est faite dans « Timbuktu » à cette rébellion touarègue, qui a mis le feu aux poudres en janvier 2012, avec le massacre de plus de 70 militaires maliens, égorgés ou tués d’une balle dans la nuque dans leur caserne d’Aguelhok. Massacre suivi par une conquête fulgurante, en mars, des trois régions administratives du nord du Mali (Tombouctou, Gao et Kidal). Pas de traces non plus de l’association qui s’est faite entre le MNLA et les islamistes d’Aqmi pour faire cette conquête. Zéro mention du mouvement armé islamiste et touareg Ansar Dine, mené depuis mars 2012 par Iyad Ag Ghali, ancien chef de la rébellion touarègue de 1990, qui n’a pas réussi à prendre le contrôle des laïcs du MNLA. Cet homme s’est opportunément reconverti dans le salafisme, et sert de passerelle entre le gros business d’Aqmi (rançons des otages et passage de la cocaïne latino-américaine vers l’Algérie) et les chefs touaregs de Kidal, aux alliances changeantes et aux stratégies à géométrie variable. […] Et, comme le relève le site Maliactu, sous la plume de son correspondant à Paris, il n’est pas question non plus dans le film des destructions du patrimoine de Tombouctou, manuscrits brûlés et mausolées détruits. Le viol des jeunes filles et des femmes n’est que suggéré, dans une production qui oublie aussi le trafic de drogue auquel participent activement les islamistes d’Aqmi. Pas de mains ou de pieds coupés dans cette fiction qui ne voulait pas forcer le trait côté violences, mais reste du coup en deçà des faits.

De même, l’histoire de l’éleveur qui s’en prend à un pêcheur peut sembler anodine en apparence, ou donner l’impression d’illustrer la misère des populations locales à laquelle viendrait s’ajouter la violence des extrémistes religieux, mais elle reprend en fait une histoire vraie dans laquelle les rôles sont inversés, puisque l’éleveur était apparemment un membre d’Ansar Dine. Or ici l’anecdote est ramenée à une fausse neutralité puisque les deux personnages sont présentés comme des locaux. Sissako, en dépolitisant son propos, semble passer à côté de son sujet : il nous montre l’absurdité drôle du comportement de djihadistes qui obligent les femmes à porter des gants, fument en cachette derrière une dune, discutent matchs de foot, se font rembarrer par l’imam du coin… dans l’univers qu’il crée c’est parfois drôle, souvent bien amené, mais c’est à chaque fois autant de vrais sujet très mal traités. L’objectif d’humaniser les djihadistes ignore superbement ce qui justement en fait des sujets de cinéma : leur violence inhumaine, leur barbarie incompréhensible, celle qui les amène à piller des tombeaux, lapider des gens, couper des mains ou tuer les imams qui leur tiennent têtes. Le film ne fait pas que passer des choses sous silence, il tronque la réalité.

Il faut pourtant admettre que par ailleurs certaines scènes sont très réussies esthétiquement : les équipes qui jouent au foot sans ballon, la femme qui chante en se faisant fouetter pour avoir joué de la musique, la danse du chef des djihadistes… Le casting est bon également : la femme à la poule, la famille de touaregs notamment (même si on se doute qu’elle ne vit pas toute seule au beau milieu de cette portion de désert aride). En revanche la musique déssert vraiment le propos, en imposant un gros pathos en mode envolées de violons.

Dans l’ensemble un film décevant, dont on aimerait voir l’intelligence et la force mises au service d’un projet plus cohérent.

Neige

neige

Neige (France, 1981), un film de Jean-Henri Roger et Juliet Berto avec Juliet Berto, Jean-François Stévenin et Patrick Chesnais. Durée : 1h30. Sortie France : 20 mai 1981. Produit par Babylone Films et distribué par Proserpine.

Davantage intéressant pour son intérêt documentaire que pour son scénario, Neige est une plongée dans le Barbès des années 80 où se côtoient les jeunes de tous bords, des prostituées, des travestis, des patrons de boîte, des dealers, bref le tout-venant parisien en effervescence chez Tati ou entre les étals des stands de foire dans la rue. Le site Les influences fait le tour des lieux qu’on aperçoit et de ce qu’ils sont devenus :

Les cinémas sont encore là, le Moulin-Rouge, grande cabine, hall, bar, salle, terrasse où Bussières et Juliet vont griller une sèche, Le Delta, place du Delta, avec la brasserie attenante du même nom, à l’endroit où le métro sort de terre, le cinéma est aujourd’hui une boutique de fripes (la salle est encore là, reconnaissable), l’ancien Palais-Rochechouart, véritable îlot squatté par un prisu, où l’on vend des vinyls (aujourd’hui remplacé par un immeuble neuf), L’Atlas, place Pigalle, panneau peint affichant « la seule salle homo de Pigalle ‒ 2 grands films pornos » entre le café Au Tonneau disparu depuis, et le café Pigalle qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il a été, les enseignes du Ritz au loin, devenu aujourd’hui l’épicier Ed, l’immense cinéma Trianon affichant en grand à 7 Francs, autres toiles peintes : Les Exploits fantastiques de Simbad et Les Exécuteurs de Shao-Lin, à l’heure où il était encore entouré par des brasseries, avec des flippers dans la grande galerie aux arcades vitrées du premier étage, pour ceux qui s’ennuyaient pendant les premières parties, une façon de vivre autrement le cinéma, et la vie. Sur l’imprévu. Course surprise hors du quartier, et détour par le défunt drugstore Publicis Saint-Germain pour le chauffeur de tacot alpagué par les deux roussins pour balancer Bobby.

Dans un entretien, Jean Henri Roger explique que le seul mensonge du film est l’emplacement du bar, qui est en fait à Belleville et pas à Pigalle. Pour le reste tout est authentique, il n’y a quasi pas de figurant : la caméra est juste posée là et n’est que rarement remarquée (un assistant vient écarter les badauds qui veulent grimacer face à la caméra). Sur le site du Louxor il explique que même quand Nini Crépon se fait approcher par les flics, c’est du vrai !

Au bout de quatre, cinq jours, nous n’existions plus, nous étions invisibles, nous faisions partie du décor. Nous avons tourné pendant la fête foraine, nous étions des zozos, des clowns de plus dans le décor, des fondus dans la masse (rires). On tournait rarement deux fois la même séquence, sauf quand il y avait un attroupement, on faisait un plan, on s’en allait et on revenait deux heures après pour retourner. Nous étions peu nombreux, s’il avait fallu être 30 sur le tournage ça n’aurait pas été possible, dans ce cas là autant aller en studio… Il faut donc inventer des techniques pour pouvoir travailler de manière fluide. Nous étions une dizaine, parce que c’est un film fauché, réalisé avec peu de moyens. Aujourd’hui on trouverait que l’on était nombreux parce que les technologies ont évolué. Il y avait trois personnes à la caméra, deux au son, trois à la régie, deux assistants, deux électros et un machino. Lorsque nous étions sur le boulevard, on mettait la caméra sur le terre plein, et vice versa. On tournait en 35 mm avec la caméra à l’épaule. La plupart du temps, les gens ne nous voyait pas, à un point qu’on a tourné un plan avec des policiers venus brancher Nini Crépon (le travesti, Betty) qui titubait sur le boulevard, ils ne savaient pas que l’on tournait un film, la caméra était sur le terre plein. Ils n’ont rien vu, ensuite on leur a expliqué.

Nous étions les premiers à utiliser la première pellicule Fuji 400 Asa. Kodak n’avait pas encore sorti la sienne et Willy de chez Fuji voulait à tout prix que l’on essaye sa nouvelle pellicule. C’est alors devenu très clair, si vous voulez qu’on l’essaye donnez nous la pellicule pour faire le film. Sur le tournage, tu sais que tu ne peux pas éclairer le boulevard, d’ailleurs ça n’a pas de sens, si tu veux le faire, autant aller en studio. Il nous a alors fallu réfléchir à la manière de procéder avec toutes ces contraintes. Pour les scènes de nuit, il nous fallait tourner près de sources lumineuses, il y a même une scène de jour que l’on mis de nuit, avec une référence lumineuse très forte, toujours dans un décor naturel. Le seul endroit où l’on maîtrise réellement  la lumière c’est à La Vielleuse (bar de Belleville ndlr). plus précisément dans l’arrière bar, parce que le bar on ne l’a pas fermé. Je n’ai jamais fait fermé un bar, 60% des films environ que j’ai tourné se passent dans les bistrots, j’ai même un logiciel qui les répertorie ! C’est toujours une question complexe le tournage dans les lieux publics, le décor, le passage, les habitués. Le meilleur assistant du monde ne te trouve pas les bonnes personnes pour les scènes de bar, ce qu’il faut faire c’est avoir, en plus de la faune, deux, trois copains aux places stratégiques pour les raccords, dans le découpage et la mise en scène pour être sûr que trois heures après tu aies les mêmes. sinon c’est intenable.

Dernier détail amusant : au moment du générique la caméra passe sur une grue et filme les échoppes de Pigalle qui ferment, et la neige qui commence à tomber. En fait les boutiquiers râlaient parce qu’ils n’étaient pas payés par la production pour figurer dans le film (qui était loin d’avoir des moyens suffisants pour le faire) et donc fermaient leur boutique pour saboter la scène.

Sélectionné à Cannes pour la catégorie « Meilleur premier film », Neige a gardé une grande fraîcheur et porte un regard amoureux sur un quartier dont il a saisi les habitants sur le vif.

Aaltra

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Aaltra (France, 2004), un film de Benoît Delépine et Gustave Kervern avec Benoît Delépine, Gustave Kervern et Jan Bucquoy. Durée : 1h33. Sortie France : 13 octobre 2004. Produit par La Parti Productions et distribué par Ad Vitam.

Aaltra fait partie de ces pépites grinçantes et géniales du même type que C’est arrivé près de chez vous – avec lequel le titre partage un noir et blanc de très basse qualité. Benoît Delépine et Gustave Kervern sont au plus bas en termes de budget mais bien au sommet de leur forme, ce que confirmera Le grand soir en 2011 – qui se révèle assez décevant par comparaison. Aaltra suit un duo absurde, deux hommes paumés quelque part dans le Nord et qui se détestent mutuellement. L’un est agriculteur, l’autre travaille dans un bureau quelque part. Un jour celui joué par Delépine se fait virer en arrivant en retard au boulot, bloqué sur la route par le tracteur qui se traîne devant lui. Il décide de casser la gueule à l’autre pour se venger et voilà qu’un accident de moissonneuse batteuse leur broie les jambes à tous les deux. Les voilà en chaises roulantes à partir vers la Norvège pour porter plainte contre Aaltra, l’entreprise qui a fabriqué le matériel défectueux. Haineux, sans argent, ils vont pourrir la vie des gens autour d’eux sur leur chemin : une famille d’allemands accueillants qu’ils squattent jusqu’à l’indécence, un coureur moto dont ils piquent la bécane, Poelvoorde qui fait une brève apparition en père de famille qui se fait contredire devant son fils, jusqu’à la vieille qui se fait piquer son fauteuil électrique. Une scène est particulièrement géniale : celle de la chanson dans un bar norvégien, improvisée pendant le tournage avec de vrais pensionnaires en figurants, qui s’étire à n’en plus finir et devient de plus en plus absurde et gênante. L’Aaltra de la fin est à l’image de ce vers quoi tend le scénario : un horizon mort, une blague géniale et un peu sinistre.